Points

  • Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    Pour Christiane Taubira, la nuit a souvent été une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier.

    C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeux en feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu.

  • Dans une langue éblouissante, Christiane Taubira s'indigne des inégalités et des violences qui règnent sur notre planète, s'attaque aux idées dangereuses des extrêmes, critique l'invocation permanente du concept de crise qui assoit la domination des puissants, identifie les règles de vie commune dans une société laïque, redonne leur sens aux mots si souvent dévoyés aujourd'hui, trace les axes d'un combat urgent.

  • La traite négrière organisée par les Etats dès le XVIe siècle est à l'origine du racisme contemporain : de ce constat, Christine Taubira développe avec passion l'histoire trop méconnue des Nègres marrons, insurgés, résistants et résistantes, qui ont pris part à tous les combats menant à l'abolition. L'esclavage a-t-il toujours existé ? Quelle est la différence entre l'esclavage moderne et l'esclavage contemporain ? Doit-on regretter toute l'aventure coloniale ? Mère engagée, Christine Taubira répond à sa fille par un subtil jeu de questions-réponses, pour éclairer sur l'histoire des souffrances et des révoltes des victimes de l'esclavage.

  • Dans cet ouvrage passionnant, Christiane Taubira rend hommage. Aux écrivains, à la langue, à la littérature. Césaire, Damas, Márquez, Char, Morrison... Entre état de rêverie et esprit de révolte, les livres lui ont montré le sens de la vie. Il y a les livres qui réveillent, ceux qui bousculent, qui réconfortent, qui sauvent des naufrages. Ceux qui rassasient, qui entretiennent le feu. Car la lecture n'est-elle pas le meilleur moyen de conquérir sa liberté ?

  • La Convention révolutionnaire de 1794 acclame le discours des députés Dufay et Danton, et proclame l'abolition de la traite et de l'esclavage.
    Bonaparte les rétablit, jusqu'à leur abolition définitive en 1848. Cependant les colonies françaises demeurent. Par une loi de 1956, âprement discutée à l'Assemblée, notamment par Léopold Sédar Senghor, elles accèdent à une relative autonomie. Il faut attendre 1999 et le discours de Christiane Taubira pour qu'une loi qualifie de crime contre l'humanité l'esclavage et la traite autrefois pratiqués dans les colonies françaises.

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